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Jeudi 21 juillet 2005
   
   
     
copejeanfrancois.jpgPATRIMOINE DE L’ETAT : « LE PLAN DE BATAILLE » DE COPE

« C’est un excellent rapport en ce sens qu’il met le doigt sur la faiblesse de l’Etat à mener une gestion précise et volontaire de son patrimoine », a déclaré Jean-François Copé dans une interview accordée à « La Tribune », en réponse à la publication du rapport Tron. Pour tenir son objectif de 600 M€ de cessions, le ministre délégué au Budget et à la Réforme de l’Etat précise : « nous allons mettre en place, à travers un service des domaines renforcé et modernisé, une agence, qui sera l’agence immobilière de l’Etat, dont la mission sera d’assurer une gestion active du patrimoine immobilier. Je présenterai d’ailleurs en septembre un plan de bataille complet en la matière, répondant très largement aux attentes et aux interrogations de ce rapport ».

Par Olivier de LA FAIRE
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Mardi 26 juillet 2005

Le quotidien de L'Expansion

06/07/2005

 

« Quand on aime, on ne compte pas » dit l'adage. L'Etat, propriétaire du plus grand parc immobilier de France non plus, à en lire le rapport de la mission d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée nationale (MEC). Elle s'est penchée sur la gestion et la cession du patrimoine immobilier public. « L'Etat ne remplit pas de manière satisfaisante le rôle de propriétaire des biens immobiliers affectés à ses services et à ses établissements publics. Cette carence entraîne des surcoûts importants » conclut le rédacteur du rapport, Georges Tron, député l'Essonne (UMP). L'Etat est propriétaire d'un parc immobilier évalué par le service des Domaines à 32,8 milliards d'euros en 2004. Pour l'entretenir, il en dépense « autour de 2 milliards d'euros » par an, d'après les calculs de l'Inspection générale des Finances. 

Premier constat : l'Etat ne connaît pas exactement le patrimoine immobilier dont il est propriétaire, ni les coûts précis de son entretien. Il n'a d'ailleurs pas les moyens de l'entretenir correctement car il est surdimensionné par rapport à ses besoins. Deuxième constat : le patrimoine est mal géré. La mission de valorisation de ce patrimoine, créée en août 2004 n'est pas capable – faute de moyens - de remplir son rôle. De plus, les ministères, qui ne payent pas de loyers, ne sont pas incités à optimiser leur gestion : « la situation les incite, au mieux à l'immobilisme, au pire à l'accroissement de leur parc ». Troisième constat, enfin, l'Etat est piètre vendeur. « l'Etat n'est pas en mesure de mettre sur le marché de façon optimale ses biens immobiliers, du fait de l'origine souvent imprécise de la propriété des immeubles domaniaux, d'un manque de professionnalisme des services chargés des cessions et de l'état souvent vétuste de ses biens, faute d'entretien régulier ». En 2003, l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait annoncé la vente d'un million de mètres carrés de bureaux devant rapporter 500 millions d'euros en 2004 et autant en 2005. L'objectif n'a pas été atteint en 2004 puisque seuls 100.000 mètres carrés ont été cédés pour 160 millions d'euros. Bercy n'envisage plus pour 2005 qu'une recette majorée de 600 millions d'euros, contre 850 millions prévus initialement dans la loi de finance 2005. 

Face à ce constat, le rapport propose quelques pistes d'actions : centraliser et professionnaliser la gestion du parc immobilier, faire payer un loyer aux ministères pour les responsabiliser, inciter l'Etat à vendre le patrimoine dont il n'a pas besoin, remettre de l'ordre dans les logements de fonction. De même, il prône l'appel à des professionnels pour les opérations de cessions,  comme cela se fait lors des privatisations d'entreprises publiques. Réagissant au médiocre bilan des ventes, le ministre délégué au Budget Jean-François Copé admet « être d'accord avec les critiques de Georges Tron » mais les trouver un peu injustes « car le travail a bien avancé ». Il promet un nouveau « plan de bataille » pour le 1er septembre. En attendant, comme le rappelle le rapport, le marché immobilier français souffre d'une pénurie d'offres qui entraîne une hausse des prix du mètre carré et des loyer...

 

 

 


LExpansion.com

 

 

 

Piètre propriétaire, l'Etat ne profite pas du boom immobilier

 

 La mission d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée nationale a présenté aujourd'hui mercredi un rapport accablant sur la gestion et la cession du patrimoine immobilier public. L'Etat n'a pas les moyens d'entretenir tous ses biens, dont il n'a même pas l'inventaire précis.  

Par Olivier de LA FAIRE
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Mardi 26 juillet 2005

L'Etat consacre 2 milliards par an à mal gérer ses 28 000 immeubles

LE MONDE | 07.07.05 | 17h46  •  Mis à jour le 07.07.05 | 17h46

 

 

 

 

  

 

Les députés de la mission d'évaluation et de contrôle (MEC), sous la houlette de Georges Tron (UMP, Essonne), n'ont pas ménagé leurs critiques dans leur rapport sur la politique immobilière de l'Etat, rendu public mercredi 6 juillet. Les derniers chiffres évaluent les propriétés de l'Etat à 28 000 immeubles, d'une valeur de 32,7 milliards d'euros, un recensement qui ne prend pas en compte les 30 000 immeubles occupés par des établissements publics.

 

 

L'Etat gère mal ses locaux : le constat est loin d'être nouveau, comme l'atteste une multitude de rapports, tel celui d'Olivier Debains, remis à Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, en décembre 2003, et de nombreux audits de la Cour des comptes sur tel ou tel ministère, la culture en 2002, la justice en 2003, les affaires étrangères en 2004, ou encore la Banque de France en 2005.

 

L'Etat consacre 2 milliards à mal entretenir ses bâtiments alors qu'une meilleure anticipation dans sa gestion lui permettrait d'économiser la moitié de ce montant. Mais, surtout, les locaux sont sous-utilisés. Le rapport Tron cite ainsi des exemples éclairants, comme cet immeuble de la rue La Pérouse dans le 16e arrondissement de Paris, utilisé à 10 % de sa capacité par des services du Quai d'Orsay. "On pourrait économiser 5 milliards d'euros par an en réduisant les superficies occupées par les différents services" , soutient M. Tron. Hélas, non seulement les besoins des services ne diminuent pas mais ils s'accroissent : entre mars 2000 et octobre 2003, l'Etat a, selon le rapport, acquis 660 000 mètres carrés en Ile-de-France, dont 188 000 à Paris intra-muros, un chiffre que conteste cependant le service des domaines.

 

"En matière de gestion immobilière, nous avons entre dix et quinze ans de retard par rapport aux pays voisins, et de telles carences ne sont plus acceptables" , écrivent les auteurs du rapport. "L'Etat peut, bien sûr, rester propriétaire d'une grande partie de son patrimoine mais il doit se dessaisir des biens vacants ou sous-utilisés et envisager la location de ses locaux, qui offre plus de souplesse."

 

Le programme de ventes a, lui, pris un retard considérable : seuls 160 millions d'euros ont été récupérés en 2004, et même 137 millions d'euros en recettes nettes, contre les 500 millions d'euros attendus dans la loi de finances pour 2004. L'année 2005 ne se présente guère mieux, mais le ministre délégué au budget, Jean-Francois Copé, escompte faire rentrer 600 millions d'euros dans les caisses d'ici à la fin de l'année.

 

LES DOMAINES CRITIQUÉS

 

Le rapport parlementaire souligne aussi le manque de professionnalisme du service des domaines chargé de l'expertise et de la vente des biens de l'Etat. Une première vague d'une dizaine d'immeubles fait, par exemple, ces jours-ci, l'objet d'un appel d'offres par voie de presse ­ annonce parue dans L e Figaro du 9 juin et sur Internet ­ mais les informations techniques sur la présence ou non d'amiante, sur l'entretien du bâtiment, ainsi que les données juridiques sont largement incomplètes. "C'est un détail mais les investisseurs intéressés, souvent des étrangers, ne peuvent pas visiter les locaux lors de leur passage à Paris, faute de disponibilité ! Il n'est par ailleurs pas sain que le même service, celui des domaines, soit à la fois l'expert chargé d'évaluer les immeubles et le vendeur qui récupère le prix de cession" , fait remarquer Alain Béchade, directeur adjoint de BNP-Paribas Immobilier, le plus important cabinet de conseil en immobilier d'entreprise.

 

Autre critique : lorsque l'Etat vend des immeubles occupés par ses services, il impose des loyers inférieurs au marché et s'octroie des avantages exorbitants, comme une clause de possible résiliation unilatérale du bail, ce qui entraîne une décote de 15 % à 20 % du prix.

 

Ces ventes doivent, en outre, se faire avec l'accord des collectivités locales. Or celles-ci bénéficient à la fois d'une priorité lors de la mise en vente et d'un droit de préemption leur permettant de se substituer à un éventuel acquéreur, sans oublier les contraintes qu'elles peuvent imposer à un permis de construire dans leur plan local d'urbanisme (PLU). Les négociations ont, par exemple, été ardues, à Paris, à propos de la récente mise en vente d'un immeuble des douanes avenue Octave-Gréard, dans le 7e arrondissement, où la Mairie voulait imposer 25 % de surfaces destinées à l'habitat social.

 

VOLONTÉ POLITIQUE

 

"Pour accélérer les cessions et rationaliser l'utilisation des locaux, analyse M. Tron, il faut d'abord une forte volonté politique, défendue par un comité de pilotage associant administration, parlementaires et professionnels de l'immobilier. Le bras exécutif pourrait être le service des domaines, à condition qu'il soit plus indépendant, notamment qu'il soit détaché de la direction générale des impôts et rattaché au ministre chargé de la politique immobilière, et qu'il se professionnalise. Chaque ministère doit se doter d'une véritable direction de l'immobilier : la gestion des locaux du ministère de l'équipement, par exemple, est actuellement éclatée entre sept services différents !"

 

Les parlementaires proposent aussi des mesures incitatives, comme la restitution de 85 % du prix de vente aux services qui se dessaisissent de leurs locaux devenus inutiles, les 15 % restants allant au désendettement de l'Etat. Pour responsabiliser ces entités, ils envisagent de leur faire payer un loyer, compensé par une dotation budgétaire supplémentaire. En guise d'encouragement à faire des économies, la dotation resterait identique même si la charge locative diminue en cours d'année. En attendant ces réformes, les investisseurs, notamment des fonds étrangers comme l'italien Generali, l'américain General Electric ou la foncière britannique Hammerson, toujours à l'affût de beaux immeubles franciliens, sont dans les starting-blocks.

 

Isabelle Rey-Lefebvre

 

Article paru dans l'édition du 08.07.05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Olivier de LA FAIRE
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